Laisser un bien en héritage ou le donner de son vivant ?

11-10-2015 | IslamWeb

Question:

Assalaamu Alaykum,Je suis divorcée avec deux filles majeures et non mariéés : Si je décède comment se fera la succession ? Dans le cas où je fais une wassiya ou un don de mon vivant la question est résolue. J'ai 3 frères et 5 sœurs. Que me conseillez-vous ? Le bien immobilier que je possède est acquis par mon propre argent, fruit de 30 années de travail. Alors pour mon cas une hiba à mes deux filles est-elle conseillée. Je veux protéger mes filles en leur laissant cette maison : Que dois-je observer pour être en conformité avec notre religion ?

Réponse:

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

Concernant la manière dont doit être partagé cet héritage, après votre mort, nous disons tout d'abord qu'il ne faut pas s'occuper de la manière dont doit être partagé l'héritage d'une personne tant que celle-ci est encore vivante, car les choses peuvent changer et une personne qui pense faire partie des héritiers peut venir à mourir ou la personne censée laisser un héritage peut venir à mourir en ne laissant finalement aucun héritage. Il ne convient donc pas d’essayer de deviner ce que sera le partage de l'héritage d'une personne encore vivante. Les pieux prédécesseurs détestaient les questions relatives à ce qui ne s'était pas encore produit. Lorsqu'ils étaient interrogés au sujet d'une chose qui ne s'était pas encore produite, ils répondaient de laisser cela en suspens jusqu'à ce que cela se produise.
De manière générale, nous pouvons répondre en disant que la personne qui décède en laissant derrière elle deux filles ainsi que des frères et des sœurs, son héritage doit être partagé de la sorte : les deux filles perçoivent les deux tiers de l'héritage au titre de la réserve héréditaire et le reste revient aux frères et aux sœurs en vertu des droits d'agnation, chaque frère percevant une part équivalente à celle de deux sœurs. Cela vaut uniquement lorsqu’ils sont tous des frères germains ou consanguins et des sœurs germaines ou consanguines. Par contre, s'il s'agit de frères utérins et de sœurs utérines alors, aucun d'entre eux n'hérite en présence de descendants du défunt que sont ses filles et ces dernières perçoivent l'entièreté de l'héritage.

Il ne vous est pas permis de faire un testament en faveur de vos filles leur donnant quoi que ce soit de votre argent ou de vos biens immobiliers afin qu'elles en prennent possession après votre mort, car il n'est pas légal de faire un testament en privilégiant un héritier en raison du hadith dans lequel Abû Umâma al-Bâhilî, qu'Allah soit satisfait de lui, a rapporté que le Prophète () a dit : « Allah a donné à tout ayant droit ce qui lui est dû, un testament privilégiant un héritier ne peut donc avoir lieu. » (Ahmad, Abû Dâwûd, al-Tirmîdhî, Ibn Mâdja)

Quant au don, il vous est permis de faire don de tout ce que bon vous semble à vos filles de votre vivant tant que vous n'êtes pas atteinte d'une maladie dont vous pensez mourir. Ainsi, si vous leur faites don de votre maison de votre vivant alors que vous n'êtes pas atteinte d'une maladie dont vous pensez mourir et que vos filles en prennent l'entière possession après que vous ayez renoncé à tout droit de propriété dessus puis que vos filles jouissent de cette maison comme bon leur semble en qualité de propriétaires de celle-ci, pouvant la vendre ou la louer à leur gré, alors votre don prend effet et la propriété de votre maison est passée aux mains de vos filles. Dans ce cas, si vous venez à mourir, vos héritiers n'auront alors aucun droit sur celle-ci, car vous n'en serez plus propriétaire.

Et Allah sait mieux.

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